Le théâtre grec — naissance du drame occidental
Le théâtre occidental naît au Ve siècle avant J.-C. à Athènes, directement issu des rituels dionysiaques — fêtes en l'honneur du dieu du vin, de l'ivresse et de la transformation. La tragédie grecque n'est pas un simple divertissement : c'est un acte civique et religieux, joué lors de grandes fêtes, devant l'ensemble des citoyens athéniens.
Eschyle, Sophocle et Euripide sont les trois grands tragédiens dont l'œuvre nous est parvenue. Ils inventent ce que nous reconnaissons encore aujourd'hui comme les fondements du drame : le conflit tragique, la fatalité, la faute (hamartia), la chute du héros. Aristote, dans sa Poétique, théorise le concept de catharsis — la purgation des émotions que le spectateur ressent en assistant au spectacle tragique, sortant de la salle libéré de ses propres angoisses par procuration.
Aristophane, de son côté, invente la comédie politique : ses pièces se moquent des puissants, questionnent la guerre, parodient les philosophes. La liberté de parole du théâtre grec n'a pas d'équivalent dans l'Athènes du Ve siècle.
Les éléments fondateurs
- Le chœur — voix collective, commentateur de l'action
- Le masque — amplificateur de voix et de personnage
- La catharsis — purification émotionnelle par identification
- L'unité de temps, de lieu et d'action
- Le théâtre comme espace civique et politique
- Tragédie et comédie comme deux faces de l'humain